RIEN NE SERT DE COURIR ...

 

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7 heures

Un dimanche matin

Le jour naissant

Mars et tout repart

Printemps timide

Voire frileux et trop humide

C’est l’heure du grand rendez-vous

Annuel

 

Les années passent

Et se ressemblent

 

Il

 

Se prépare ...

Tranquillement

Lucide

Sereinement

Méticuleusement

 

Techniques les vêtements

Légères et accrocheuses les chaussures

Serrés à point les lacets

Couleurs Fluo au rendez-vous

Voir et être vu

Il ressemble à un sportif

Fin prêt

 

La Mancellière sur Vire

Chemin de halage

Un monde fou

Fou à lier

Fou de sensations

Fou de vibration intérieure

Fou tout court

Fou de marche

Nordique bien-sûr

 

 Coureuses, coureurs pédestres

Marcheuses, marcheurs nordiques

Que du beau monde

Un monde passionné

Toutes générations confondues

Des maigres

Regards embrumés du matin

Fentes de tirelire

En guise d’yeux

Pupilles acérées

Conquérantes

Des musculeux

Affûtés à la meule

Aux ventres mous

Mous du genou

Abdominaux en chômage technique

Des plus grands aux plus petits

Tous les pieds sur terre

C’est bien là l’essentiel

Tout un monde

 

L’heure est grave

Dossards épinglés

Piaffant sur la ligne de départ

Adrénaline masquée

Les lièvres se toisent en sautillant

Avant de s’envoler

Nuée d’hirondelles

Avides de chaleur

Celles qui font le printemps

Tortues moins pressées

Philosophes

De toute façon

On se retrouvera à l’arrivée

Des 10 km des Ecluses

 

Quelques poussières de minutes après

Compte à rebours oblige

Pistolet en pétard

Doigt sur la gâchette

Le coup part

Pour le grand départ

Des marcheurs

Bâtons vent debout

Prêts à en découdre

 

Le peloton s’étire

Au fil des méandres

Vent frais du matin

Soleil avare de rayons

Mais peu lui importe

 

Il

 

Ferme la marche

Son rythme est régulier

Bâtons domptés à l’humeur du jour

Ceux-ci font corps

Et âme

Printanière

Le regard s’attarde

Sur les cols verts

Témoins indifférents

Insouciants

Glissant allègrement

Au fil de l'eau

Sans effort apparent

Eux…

 

Il

 

Marche comme il respire

Gère son effort

Lui derrière

Les autres devant

10 km en marche nordique

Ça n’use pas

Sauf si l’on consomme

Sans modération

Tout est sous son contrôle

 

Fi du classement

Pourvu qu’il ait l’ivresse

Pause sphincters

Ravitaillement à l’eau claire

Placotage de rencontre

Avec un copain en sens opposé

Plénitude du moment

Sens en éveil

Nature en fête

 

 

Qu’a t-il à se prouver

Lui au câble inlassablement déroulé

Sept décennies durant ?

 

Inconsciemment peut-être

Un défi personnel

Amour propre

Un lien à la vie

Encore solide

Le refus de décliner

Jusqu’au jour…

 

Retour aux réalités

Bitume dur dur

Marche en ville

Alambiquée à souhait

Encouragements sincères

Bravos qui s’apitoient

Sur son propre sort

Courage

La plage est en vue

Verte comme la vallée

 

Il

 

Remercie au passage

Sourire jusqu’aux oreilles

Informe qu’il ferme la marche

Qu’on peut commencer à ranger

 

Il

 

Franchit la ligne d’arrivée

Sous les bravos compatissants

Encouragé par son « femmes club »

Frais comme un gardon

Prêt à frayer

Si besoin…

 

Repos du guerrier

Pas fatigué

Et heureux

Tout simplement

Quartiers d’orange

Raisins du plaisir

Pain d’épice bienvenu

 

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Surprise et étonnement amusé

A l’appel de son nom

Sur le podium

 

Depuis quand

Le dernier reçoit-il les honneurs

Et une coupe de vainqueur

De quoi boire le calice

Jusqu'à la lie

Meilleur temps des vétérans 4 

Il était le seul...

1h39mn

6km/h

En prenant le temps

De ménager ses bâtons

Et de s'émouvoir 

Avec la nature complice..

 

 

Dans l’ivresse du succès

Deux coupes en deux ans

Sur un petit nuage

 

Il

 

Se donne rendez-vous

A lui même

Pour faire encore mieux

Tout au moins aussi bien

L’année prochaine

Histoire de vivre à nouveau

Ce moment privilégié...